Azzouz El Houri
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| Il suffit d’écouter Azzouz El Houri pour comprendre cette musique évocatrice, cette musique qui vous invite dans un paysage bien plus suggéré qu’imposé. La musique orientale, les musiques de tous les Orients peut-être, ont cette force d’évocation, cette façon de vous emmener dans un univers peint et dépeint par les modes. Le Maroc, carrefour de ces orients et de la musique arabe est aussi au croisement entre les grands courants populaires et la musique classique, celle qu’on dit volontiers savante, qui s’étudie dans de grandes écoles et des instituts prestigieux et que les maîtres enseignent à leurs élèves. Lien entre le chant populaire et cette musique savante, Al Oud, majestueux et simple à la fois, chaleureux, délicat, intemporel et pourtant toujours prêt à redessiner le présent, Al Oud s’impose comme un repère, une sorte de balise dans le déroulement historique de ces musiques et de leurs cheminements entre les cultures, entre les échanges et les rencontres. Ce n’est pas un hasard si Azzouz El Houri nous invite à un glissement vers La musique orientale dans un récital de l’Oud. El Houri revient volontiers à l échange interculturel parce qu’il sait que la musique ne supporte pas les frontières. Sa musique s’écoule depuis longtemps, elle glisse entre les terres, s’enrichissant des traditions qui s’épanouissent sur les rives, elle se jette dans les mers qui l’emportent au loin, elle traverse les villes où les expressions trahissent autant qu’elles traduisent les changements de sociétés et les mélanges de communautés. La musique est voyage et Al Oud, bien plus qu’un véhicule, est l’instrument qui permet au musicien de transmettre ce qu’il ressent, ce qu’il pressent, ce qu’il intériorise d’abord avant d’en confier à la musique les émotions personnelles, les couleurs captées, les urgences imposées, les rêves esquissés. Azzouz El Houri sait quelles sont les pistes qui le mèneraient vers une conception de la musique erronée, sorte de folklore de pacotille qui trahirait son histoire et celle de la musique qu’il vit. Il ne cherche pas la démonstration, il se contente, avec talent, de développer une démarche logique, celle de l’exploration des possibles contours d’une vaste culture musicale ouverte sur le monde. Et quels que soient les invités de chacun de ses Taqasims, force est de constater que Al Oud continue de jouer son propre rôle, à la fois guide et complice ; il joue souvent en solo rappelant l’essence même d’un bagage amassé par le compositeur et musicien depuis tant d’années. Un bagage qu’il porte avec aisance, qu’il ouvre avec générosité tant pour les musiciens qu’il convie à le partager que pour le public auquel il l’offre volontiers. Azzouz El Houri nous prouve une fois de plus qu’il existe encore et toujours des musiques traditionnelles en mouvement, des musiques qui sont loin d’être figées comme si elles étaient confinées dans des musées. Des musiques qui continuent de dire la vie qui s’écoule au fil des histoires et des rencontres de chacun. Des musiques vivantes comme nous le montre ces Taqasims. |
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